Les Scandinaves à Grez

Au début des années 1880, Karl Nordström, alors séjournant à Paris, découvre les impressionnistes et sera fortement influencé par leur peinture.
Il est l'un des premiers peintres suédois à venir à Grez et fera découvrir ce lieu privilégié aux norvégiens Christian Krogh et Christian Skredsvig. Les trois peintres seront couronnés de succès en exposant au Salon de Paris.

Carl Larsson, qui vivait et travaillait à Paris depuis cinq ans, avait comme ambition, comme la plupart des peintres scandinaves, d’être admis au Salon. Cependant il y fut une fois de plus refusé en 1882. Démuni et éprouvé par cet échec, il est alors invité, à l’âge de 28 ans, par son ami Karl Nordström à venir le rejoindre à Grez.

Cette période sera un tournant dans la vie de l'artiste Carl Larsson, qui peint certaines de ses plus importantes oeuvres à Grez, délaissant la peinture à l'huile pour réaliser des aquarelles au thème champêtre et aux couleurs claires. Ce sont d'ailleurs deux aquarelles, intitulées Les Potirons et La Gelée blanche, qui seront médaillées au Salon l’année suivante, en

1883. Il se fiance avec Karin Bergöö et le couple part se marier à Stockholm. A leur retour, une grande fête à Grez est organisée avec toute la colonie suédoise.

C’est cette même année que de nombreux artistes nordiques viennent séjourner dans les deux pensions de Grez. Tous viennent pour y peindre la lumière d'Île-de-France, tant vantée par l’École de Barbizon et les Impressionnistes.

Citons quelques noms d’artistes nordiques qui visitèrent ou résidèrent à Grez ces années là : Julia Beck, Caroline Benedicks-Bruce, Richard Bergh, Oscar Björck, Ernst Josephsson, Nils Kreuger, Christian Krogh, Peter S. Krogh, Peter S. Krøyer, Carl Larsson, Karin Bergöö-Larsson, Emma Löwstedt-Chadwick, Bruno Liljefors, Ernst Lundstöm,

Karl Nordström, Tekla Lindeström (mariée Nordström), Georg Pauli, Carl Trädgårdh et Anders Zorn.
Le sculpteur finlandais, Ville Vallgren, participe activement
aux activités de la communauté nordique. Il épouse la suédoise Antoinette Råström en 1882. Son protecteur n’est rien moins

que le sculpteur Rodin et il est très apprécié comme sculpteur de médailles. Il restera en France jusqu’au 1911.

Les artistes suédois fréquent ce lieu jusqu’en 1887, puis progressivement s’en éloignent.