L’histoire artistique

Entre 1825 et 1875, et surtout après la Révolution de 1848, une colonie d’artistes français, fuyant la vie urbaine, s’installèrent à Barbizon et d’autres villages autour de Fontainebleau.

Leur source d’inspiration fut l’étude et l’observation de la nature : Peindre des paysages d’une manière réaliste, voire naturaliste.
Le réalisme des sujets de la vie paysanne dans la peinture devient le courant dominant au Salon des années 1850. Jusqu’alors, le paysage était considéré comme un genre inférieur par rapport aux tableaux conçus et réalisés en atelier sur un thème historique.

Parmi les artistes les plus connus à Barbizon, on peut citer: Camille Corot, Jean-François Millet, Théodore Rousseau,
Jules Dupré, Narcisse Diaz, Constant Troyon, et Charles Daubigny.

Autour de 1863, une nouvelle génération d’artistes, Claude Monet, Auguste Renoir, Berthe Morisot, Alfred Sisley et Frédéric Bazille, découvre à leur tour la Forêt de Fontainebleau. Ce sont des peintres ayant une conception visuelle différente: une nouvelle technique (division des tons) et une nouvelle interprétation de la nature: saisir l’instantané en pleine lumière. Ce qui les attire particulièrement, c'est le jeu de lumières rendu par présence simultanée de l'eau et de la forêt.

A cette époque, dans le village de Grez, il existe deux
pensions. En 1860 l’Hôtel de la Marne est acheté par Monsieur et Madame Chevillon. L’autre pension est l’Hôtel de Beauséjour, communément appelé Pension Laurent, ouvert en 1878. Ces deux pensions, situées au bord du Loing, vont devenir les lieux de séjour privilégiés de toute une colonie d’artistes anglo-saxons et scandinaves.

Mais auparavant, parmi les premiers pensionnaires notoires de L’Hôtel Chevillon, on peut citer les frères Goncourt qui y séjournent pendant trois ans à partir de 1863. Dans leur journal ils décrivent leur émerveillement devant « la lumière colorée, pâle et douce du lieu ».

A la même époque y séjournent également leur ami Giuseppe Palizzi et ces 3 frères, tous artistes peintres italiens.
Sur leur proposition, le propriétaire construit dans le jardin un atelier que les Palizzi vont occuper pendant 10 ans (bail signé en 1868).

Un panneau, huile sur bois, de Giuseppe Palizzi est encore accroché à l’hôtel Chevillon.

Dans les années 1870 arrivent en nombre les premiers peintres américains, britanniques et irlandais à Grez.

Ces peintres, comme plus tard les scandinaves, partagent leur temps entre les côtes normandes, Giverny, Pont-Aven, Marlotte et Grez, ainsi que Paris.
En quête de lumière, ils s'essayent à la peinture de plein air et nombreux furent ceux qui, pendant un demi siècle, choisirent Grez.

Citons parmi ces artistes Franck O’Meara, John Singer Sargent, les Frères Harrison, Théodore Robinson (futur gendre de Monet), Fanny et Isobel Osbourne, Arthur Heseltine, Arthur Melville, R.W. Vonnoh, Clifford Grayson, R.G. Donoho, Bruce Crane, Francis B. Chadwick et William L. Metcalf.

Franck O’Meara séjournait de 1875 à 1888 à Chevillon !

L’écossais Robert Louis Stevenson, l’auteur du livre « l’Ile au Trésor », arrive à Grez en 1876. Résidant à Barbizon, lors d’une excursion à Grez, il rencontre à l’Hôtel Chevillon sa future femme, la belle Fanny Osbourne.

En souvenir de cette rencontre, une fondation écossaise accorde encore aujourd’hui à un écrivain écossais de moins de 44 ans (l’âge de Stevenson à sa mort) une bourse de séjour à l’hôtel Chevillon.
L’américain Francis B. Chadwick rencontre en 1882 à Chevillon sa future épouse suédoise Emma Löwstädt. Elle est venue à Grez en compagnie d’autres femmes peintres, dont Julia Beck et Karin Bergöö (future femme de Carl Larsson).
L’hôtel Laurent, mis en vente en 1892, est alors acquis par Emma et Francis B. Chadwick pour y recevoir des amis artistes. Emma y habitera jusqu’à sa mort en 1936.